L'accident oublié |
Format 120 X 80 cm |
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Ce tableau surréaliste de Saint-Just ? qu’on pourrait intituler « L’Accident oublié », déploie une vision à la fois onirique et archéologique : un train englouti, devenu épave au fond de l’océan, observé depuis la cabine d’une autre locomotive submergée. Sous cette mer où la lumière filtre comme une mémoire lointaine, le monde industriel a basculé dans le silence des profondeurs. La machine à vapeur, symbole de progrès, de vitesse, de conquête du temps, gît maintenant dans un tombeau liquide, envahie par les coraux et les poissons tropicaux. Le fer y devient ruine, la technologie fossile — l’humanité, peut-être, oubliée par son propre rêve de modernité. Le plongeur, minuscule, figure de l’archéologue des âges mécaniques, semble visiter une cathédrale engloutie du XIXᵉ siècle : les cadrans et les manomètres deviennent des rosaces, la carlingue de fer un sanctuaire profané. C’est une méditation sur la chute — mais aussi sur la renaissance : la nature reprend possession de la machine, les poissons remplacent la fumée, et le mouvement continue autrement. Sous les eaux du temps dort la machine des hommes. « Je voyageais en train, dans ma Touraine natale, longeant ma Loire sauvage, près de Langeais. Alors que le roulement cadencé des essieux me poussait à compter les moutons, me vint ce pressentiment onirique… » |
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